Le poids des pixels

Choc post traumatique

© Alvaro Ybarra Zavala

A travers divers extraits de livres, des expériences vécues et des témoignages recueillis, je me propose d’aborder le sujet difficile des répercussions psychologiques qu’occasionnent le métier de reporter de guerre ou de photojournaliste sur ceux qui l’exercent. J’emploie le mot « difficile » car peu de journalistes au sein de la profession osent en parler. D’ailleurs c’est ce qui ressort du livre paru chez Laffont en 2008 : « Sans blessures apparentes », écrit par le grand reporter et journaliste au Nouvel Observateur Jean-Paul Mari. « Fréquemment, les journalistes sont dans le déni », remarque l’auteur, « Le problème, c’est que si on avoue, on craint de passer pour un faible et on a peur de ne pas être envoyé à nouveau en reportage, indique-t-il. On pense aussi dans ce cas trahir la profession et sa réputation. » Il considère que « seuls les pervers-psychopathes et les imbéciles ne sont pas touchés »…« La guerre, c’est cette chose qui fait que les hommes les plus forts se réfugient sous la table en criant “maman” », résume t-il. En effet cet aspect du métier semble presque tabou, le photographe qui prend des clichés d’atrocités, qui vit des situations extrêmes ou qui repart avec des images de morts n’a pas, dans la pensée collective, de conscience, de remords, et encore moins de problème psychologique puisqu’il est légitimé par le métier qu’il exerce...

Squal

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